05/08/2014

Le Spectre - Pourquoi



Pour le 4e été de suite, je serai à l’émission PM hebdomadairement pour y présenter des 45 tours. Au cours des 8 prochaines semaines, je ferai le palmarès de mes 45 tours les plus rares.

Le 25 juin dernier, je procédais à ma première chronique de la série. J’ai débuté avec le rarissime 45 tours des Haunted incluant leur reprise classique de Vapeur Mauve. Un appel à tous a été lancé lors de cette chronique : Qui est le groupe que l'on retrouve en face B du 45 tours? The Haunted ont toujours juré qu'il ne s'agissait pas d'eux. Yves Blais, batteur du groupe Le Spectre, a répondu à l'appel. Voici l'histoire qui a mené à l'édition d'un des 45 tours les plus mythiques et recherchés au Québec.

Le Spectre de Sorel

Le SPECTRE vise à dominer le monde tout en recherchant le profit. Dans James Bond. Il s’agit d’une société criminelle secrète (Service pour l’Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l’Extorsion). C’est de cette sympathique organisation que le groupe garage sorelois tient son nom.



L’orchestre prend racine vers 1964 avec Les Gouaps, de Sorel. Ce nom là signifiait les «voyous».

Suite à un remaniement de personnel, le groupe se solidifie autour d’Yves Blais (batterie), Michel Cotnoir (guitare), Louis-Philipe Tremblay (guitare), Jean Cournoyer (basse) et Michel Guertin (orgue). Le nom Le Spectre est adopté quelque part en 1965.

Après quelques engagements dans son coin, Le Spectre se voit recruté par le gérant Yvon Deschenaux, ex-membre des groupes Les Kool Kats, puis des Majestiks. Ce dernier leur décroche un contrat d’enregistrement avec la compagnie Solfège, appartenant à un certain Zakaïb.

La première pièce enregistrée pour le compte de Solfège par Le Spectre est une reprise de Sunny, un succès de Bobby Hebb devenu à toutes fins pratiques un standard des années 60 pour tous les orchestres populaires. Yves Blais, batteur, se souvient d’être entré au studio StereoSound de Montréal avec la naïveté d’un adolescent qui vivait enfin le rêve de se retrouver en studio. Mais, avec du recul, M. Blais réalise que les producteurs devaient forcer la main des groupes afin que ceux-ci enregistrent des reprises de succès américains ou anglais. Ça a été le cas aussi pour Le Spectre.





Yves Blais, batteur du groupe Le Spectre



Cependant, la version de Sunny du Spectre demeure intéressante et connaît un certain succès sur les palmarès de différentes radio au Québec.

Le Spectre se retrouve donc en booking avec l’agence P.G. (Pierre Gravel), de Granby,  et est engagé sur plusieurs émissions de télé telles Allez-4 (Québec), Bonsoir Copains (Sherbrooke) et éventuellement à Jeunesse d’aujourd’hui (Télé-Métropole).

La face B de Sunny est Tu l’aimeras (une faute de frappe sur le disque indique, par erreur, que le morceau s’intitulait Tu l’aimerais), une ballade composée par Louis-Philippe Tremblay.




Suivant le succès de Sunny, Solfège répète l’expérience avec Le Spectre, mais cette fois, le disque fait patate. Je veux t’aimer et Ça ne peut s’oublier sont deux compositions du Spectre.


 




Le gérant Yvon Deschenaux met donc son réseau de contact à profit et trouve un nouveau contrat d’enregistrement au Spectre, cette fois chez les Disques Monde.

La face A propose une reprise du succès Western Union des Five Americans.




La face B renferme pour sa part la chanson la plus intéressante du répertoire enregistré du Spectre jusqu’alors : La vérité. On y sent enfin du guts, des paroles révoltées et une maîtrise assurée du group sound / beat. Un exemple classique de garage québécois.




Un enregistrement mythique, un album oublié...

En 1967, Le Spectre est de retour au studio StereoSound de Montréal pour y enregistrer un album complet. 4 chansons sont finalisées : Ce jeu là, Je veux être à toi, Attention à toi et Pourquoi. Ce jeu là (reprise de Play with fire des Stones) et Attention à toi (reprise de Steppin' Stone des Monkees) révèlent toutes deux une énergie garage fort intéressante. Mais le groupe se sépare avant d’avoir terminé l’enregistrement de l’album complet. Les bandes maîtresses sont donc tablettées au studio et rapidement oubliées par le groupe.

Je veux être à toi


Ce jeu là


Attention à toi


Le Spectre en concert, 1967

Yves Blais part alors rejoindre un autre mythique groupe garage de Sorel, M2+AC, avec qui il effectue de tournées, mais ne participe à aucun enregistrement.

Pourquoi VS Vapeur mauve




En 1968, le légendaire groupe montréalais The Haunted lance un ultime 45 tours sur lequel se retrouve une version francophone de Purple Haze d’Hendrix. Il s’agit d’un classique du garage/ psych au Québec, mais aussi d’un des disques les plus rares et les plus recherchés par les collectionneurs. Très peu de copies sont connues. Elles peuvent se vendre entre 200 et 300$... et même jusqu’à 500 euros du côté de l’Europe.




Sur  la  face  B de ce désirable 45 tours paru sur la micro-étiquette Marque XII,  on  retrouve  un morceau qui s’intitule Pourquoi. Il s’agit encore d’une traduction, mais cette fois de la chanson Talk  Talk  du  groupe  garage américain The Music Machine. La version est sauvage, mordante, menée par un orgue électrique bien appuyé et des paroles carrément punk. Il s’agit d’une des meilleures pièces de rock garage enregistrées au Québec, à mon sens. C’est d’ailleurs très surprenant qu’un groupe d’ici ait tenté l’aventure de reprendre une chanson aussi tonitruante et obscure que Talk Talk. Legends are made of these.

Seulement, les  membres  des  Haunted  ont  toujours  nié  avoir  enregistré  cette  chanson. Ils  prétendent  qu’il  s’agit  d’un  autre  groupe,  qu’il  ne  s’agit  pas  d’eux  sur  cet enregistrement.

Le mystère entourant cette face B est donc resté des plus complets, jusqu’à récemment. Lorsque les disques Mérite ont lancé leur série Les Introuvables, en 2008, le 1er volume de la série (sur 20 volumes), contenait la chanson Pourquoi. À certains endroits, la chanson est attribuée aux Haunted, mais le MP3, lui, est attribué au groupe Le Spectre. Sébastien Desrosiers m’avait mis la puce à l’oreille à propos de ce fait.

Suite à ma chronique à PM sur le sujet, un collègue radio-canadien, André St-Arnault, m’a contacté pour me dire que Pourquoi avait été enregistrée par le groupe de son ami Yves Blais : Le Spectre. M. Blais confirme cette information. Il s’agit bel et bien d’une chanson qui devait se retrouver sur un album complet, mais inachevé, du Spectre.

La chanson a été placée sur le 45 tours des Haunted sans la permission du Spectre et, à n’en point douter, sans la permission des Haunted.

Il a aura donc fallu près de 50 ans pour retrouver les groupes ayant enregistré cette excellente reprise de Talk Talk des Music Machine. Un autre mystère de l’histoire de la musique québécoise est résolu!

Le Spectre et Les Haunted partagent des noms glauques et un «split» 45 tours fortuit!

Aujourd’hui, M. Yves Blais est toujours actif musicalement avec le groupe Jaztonics, ainsi qu’en tant que fabricant d’instruments de percussions.

Un énorme merci à Yves Blais et André St-Arnault pour les informations et les archives.

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Long story short, legendary Montreal band The Haunted recorded a killer french version of Hendrix's Purple Haze around 1968. It's french, it's called Vapeur Mauve. That 45 probably is the rarest by the Haunted. It sells for crazy money. 

One thing though, the band always said it wasn't them playing on the B side of the record. What is found on the B side is a french cover version of The Music Machine's Talk Talk garage classic. The french version is awesome. But indeed, it wasn't The Haunted. 

Vente de garage is revealing here officially, for the first time, that the band that recorded this song is called Le Spectre. They were from Sorel, Quebec and had recorded previous 45s. In 1967, they recorded 4 songs which were supposed to end up on an album, but splitted before theyr finished the record. So some producer picked up their version of Talk Talk from a shelf and put it out without asking the band, as a B side for The Haunted's version of Purple Haze.

One more rock'n'roll mystery solved.

15/07/2014

Ginette Ravel - Où irons-nous



Le 16 juillet 1969, il y a précisément 45 ans aujourd’hui, décollait la navette qui amenait Buzz Aldrin et Neil Armstrong et le moins connus Michael Collins en direction de la lune où, Armstrong deviendrait le 1er homme à y mettre les pieds.

Nombre de chansons liées à cet alunissage ou encore à la conquête spatiale ont été enregistrées au Québec dans les années 60. Les Mégatones ont enregistré M. Armstrong, Les Fortiches ont compos Ils iront sur la lune et Les Lunours (alias Les Sinners/La Révolution Française) ont chanté Terre, Terre. On pourrait probablement en nommer plusieurs autres.

Mais une des meilleures chansons portant sur le thème de l'exploration spatiale n'a pas encore été déterrée. Je suis pas mal satisfait de pouvoir la présenter aujourd'hui.



Ginette Ravel Ravel n'est pas reconnue pour ses grandes aventures musicales. On la connaît plutôt comme une chanteuse populaire des années 60. 

Pourtant, vers  1970,  elle  a  pris  un détour musical extrêmement intéressant sur un obscur album éponyme. Pour  se  faire,  elle  s’est  adjoint  des  services  du  compositeur,  réalisateur  et arrangeur  Franck  Dervieux.  Dervieux  était  entre  autres  chef  de  l’orchestre  de Jean-Pierre Ferland. Il a ensuite lancé un unique album solo posthume, Dimension M (1971), après avoir perdu un combat contre le cancer. Ses musiciens ont ensuite formé le groupe progressif Contraction. Dervieux a également travaillé avec brio aux côté de Jean Fortier, pour ne nommer que celui-là.

Dervieux  était  un  génie  qui  savait  broder  habillement  entre  la  pop,  le psychédélisme, le classique et la musique progressive.

Pour Ginette Ravel,  il  a  arrangé  Où irons-nous (extrait à la fin de l'article), une  excellente  chanson  qui  porte sur  le  thème  de  l’espace  et  de  la  lune.  À  vrai  dire,  il  s’agit  d’une  chanson psychédélique  de  science-fiction  et  d’anticipation  post-apocalyptique  dans laquelle  Ginette  Ravel  lance notamment  l’hypothèse  selon  laquelle  une fois  que  la  planète sera  détruite,  l’homme  ira  coloniser  la  lune.  

Cette  chanson est passée complètement sous le radar des collectionneurs depuis son édition, en 1971. C’est pourtant, à mon sens, un petit chef d’œuvre.


Ravel a aussi enregistré un autre disque vraiment étrange dont j'ai diffusé un extrait exclusivement à l'émission PM. À écouter ici.

10/07/2014

Les Kangourous - Kili Watch - Parasol

Photo collection Camille Fradet

Pour ce 200e post de Vente de garage, je vous propose quelque chose de tout simple, un 45 tours d'été parfait!



La chanson Parasol des Kangourous est probablement ma chanson d'été préférée de tous les groupes québécois des années 60 confondus. Elle à un petit feel surf, ensoleillé, léger... De surcroit, c'est une composition originale de l'Abitibien Lucien Brien.


La face A du 45 tours contient une autre bonne chanson d'été, mais un peu moins réussie : Kili Watch. Le groupe avait déjà enregistré cette chanson en 1961, alors qui s'appelait Les Three Sharpes.

Bon été!

08/03/2014

Les Homos 1975 - Faut être forte


Étrangeté exponentiellement malaisante, la chanson Faut être forte du projet Les Homos 1975 est probablement l'hommage le plus particulier rendu aux femmes, dans le cadre de célébrations de l'affirmation de ces dernières. Dans ce cas-ci, il s'agit d'un disque produit «à l'occasion de l'année de la femme».

En fait, il s'agit probablement plutôt ici d'une célébration maladroite de l'homosexualité orchestrée par Paul «Ti-Polo» Vincent, homosexuel québécois notoire et gérant de Roch Voisine. Vincent semble y sous-entendre que l'homosexualité ou la transexualité est une autre manière d'être femme qui demande peut-être encore plus de force que la réalité féminine au premier degré. De là le titre Faut être forte?

Le message exact demeure assez difficile à déchiffrer. Peut-être doit-on simplement y voir un sketch humoristique? Parce que, pour l'essentiel, il s'agit ici d'une mise en scène où un personnage au ton soit féminin, soit homosexuel, nommé Georges, invite un homme nommé Alice à danser un «plain». Tout repose sur le dialogue des plus weirds, qui mise sur le mélange et l'incertitude des genres.

Paul Vincent est connu pour ses disques étranges humoristiquement douteux lancés à la fin des années 1970. Il a notamment lancé Cocaina my love. Ironie du sort, il est décédé d'une overdose au cours des années 90.

Qui donc étaient Les Homos 1975? Dans les crédits, on peut lire les noms de Paul Vincent, Alain Jodoin (Les Sinners) et Daraîche, probablement Paul, qui fricotait avec l'entourage des Sinners à cette époque. Le nom de Daraîche n'apparaît toutefois que sur la face A. Est-ce Paul Daraîche qu'on entend dans le « rôle de l'homme »?

La face B est d'autant plus malaisante. On y retrouve la même trame musicale que sur la face A, mais le dialogue ne s'y trouve pas. On y trouve plutôt des sons de sexe!

Weird, weird, weird!



12/02/2014

Labatt 50 et les Olympiques... faut se parler



Ce qui est particulier de la campagne publicitaire "Faut se parler" 1975-76 de Labatt 50, c'est que la "version olympique" du thème publicitaire n'a strictement rien d'olympique! À part peut-être des cuivres "triomphants".

La pub télé, elle, montrait un sénégalais, un scandinave (je pense!?) et un américain. Tous des olympiens triomphants.



En bonus, « Allo, j'm'appelle Marcel. J'aime la musique.» La version non-olympique.

11/02/2014

Patrick Norman: les disques oubliés

Patrick Norman, à gauche, au début de sa carrière, en concert au restaurant Claude St-Jean Steakhouse. Merci à John Ranger pour cette photo.

Le chanteur et guitariste renommé pour son amour du country, Patrick Norman, célèbre ses 45 ans de carrière en 2014.

Il était à l'émission PM de Radio-Canada le 11 février pour souligner l'événement.

J'ai humblement contribué en prêtant à l'équipe de l'émission mon 45 tours des Élégants, le tout "dernier" groupe yéyé d'Yvon Éthier, alias Patrick Norman. Outre ses grand succès, Patrick Norman a effectivement commis des disques variant du rock garage jusqu'au disco!

C'est le bon moment de mettre quelques obscurités de l'artiste sur le blogue!




Commençons par le tout premier disque lancé par Patrick Norman! La face A, Je pleure dans la pluie, est intéressante, mais c'est la face B qui vaut le détour! C'est une excellente chanson de rock garage lancée en 1966. Tu me reviendras Cindy, parue sur étiquette Passe-Temps, déménage à fond. Patrick Norman était à la guitare seulement.





Après son passage avec Les Élégants, c'est en 1969 que l'artiste adopte officiellement le nom Patrick Norman et lance son premier disque solo. Il s'agit, ci-haut, du tout premier 45 tours de Patrick Norman sous ce vocable. Que le temps s'arrête est une bien bonne chanson de pop orchestrale sixties arrangée notamment par Jerry De Villiers.


 C'est à peu près à cette époque que Patrick Norman (à gauche) a enregistré son tout premier 45 tours solo. Concert au restaurant Claude St-Jean Steakhouse. Merci à John Ranger pour cette photo.

L'histoire de l'enregistrement de ce premier 45 tours est fort intéressante. Merci à Sébastien Desrosiers de Mondo PQ/Patrimoine PQ pour cet article!





La période la plus surprenante de la carrière de Patrick Norman demeure son incursion dans le monde du disco, accompagné par le Black Light Orchestra. Son album n'est vraiment pas si mal et ses morceaux Sweet Sweet Lady et Let's try once again ont connu un certain succès. Mais ici, c'est Bring back the love qu'on relève. Un petit chef d'oeuvre de disco-funk sexy, chaud et se rapprochant du mordern soul. Du bonbon.

Bon 45e Patrick Norman!

23/12/2013

Basic Black and Pearl - There'll come a time, there'll come a day


***Je tenais à livrer cet article juste à temps pour Noël, parce qu'en le lisant, vous y découvrirez une des versions les plus sulfureuses de White Christmas! Joyeux Noël et bonne année 2014 à vous, lecteurs de Vente de garage!***

Les disques de Basic Black and Pearl se vendent très bien sur le marché des collectionneurs de disco, funk, modern soul... certains parlent même de northern soul. C'est particulièrement le cas de leur succès There'll come a time, there'll come a day. J'avais régulièrement vu ce disque passer et je n'y avais jamais vraiment porté attention, avant que Nicolas Lê Quang, ami de Vente de garage, n'attire mon attention vers le nom du producteur et auteur de la chanson, Leon Aronson.

Première surprise: Basic Black and Pearl est un groupe montréalais. Seconde surprise, la chanteuse du groupe est Sharon Lee Williams, que les amateurs de trames sonores de "maple syrup porn" connaissent grâce à son interprétation anglophone de la chanson thème du film Y'a plus de trou à Percé, en anglais, Loving and laughing.

J'ai donc retrouvé M. Leon Aronson afin d'en savoir plus sur son parcours. Une fois l'entrevue effectuée, je me suis posé la question: Suis-je en train de mettre au jour le passé musical oublié d'un autre génie musical de chez nous? J'en ai bien l'impression.

À l'instar de François Carel, dont il a maintes fois été question sur Vente de garage, le montréalais Leon Aronson décroche un diplôme en arrangements musicaux du Berklee College of Music de Boston, en 1966. Auparavant, il était pianiste d'accompagnement pour différents artistes francophones.

À sa sortie du collège, il décroche le poste de directeur musical de la comédie-musicale HAIR, à Montréal.

« All the members of BB&P were from Montreal. The lead singer was Sharon Lee Williams.  Sharon was a beautiful girl with a great voice and we were actually in the Montreal production of Hair...  That is where we met.  I was the musical director/band leader and she was one of the stars of the show. We were the ONLY production of HAIR ever to do a few nights in English and a few nights in French.  It was amazing. »

Probablement vers la même époque, Aronson travaille avec François Guy, l'ex-Sinners, sur l'excellente chanson psychédélique infusée de sitar Aouaie! Viens t'en, compilée sur le volume 4 de la mnythique série Ils sont fous ces Gaulois, puis, récemment, sur Freak Out Total Vol. 33. Une version anglophone de la chanson, intitulée Come in, existerait également.



Au début des années 70, il compose des arrangements pour The Bells, René Simard, Alexandre Zelkine, Ross Holloway et surtout avec Renée Claude, à qui il prête une de ses compositions intitulée Cours pas trop fort, cours pas trop loin, sur son album Je reprends mon souffle, en 1972.




Basic Black and Pearl


Renée Claude est donc la première interprète de ce qui deviendra, en 1975, un des plus grands chefs d'oeuvre de soul enregistré au Québec. Qualifiez There'll come a time, there'll come a day comme vous le voudrez, northern, modern, disco, funk... elle transcende les épithètes! Il s'agit du tout premier enregistrement de Basic Black and Pearl.



There'll come a time, there'll come a day possède ce petit je-ne-sais-quoi de sexy et d'envoûtant, de groovy, mais avec retenue, de senti et d'intense qui se compare, à mon sens, au mood d'Al Green ou de Marvin Gaye, à la même époque.

«I was always interested in black music such as Earth Wind & Fire and listened to a lot of jazz like Herbie Hancock.

There'll Come A Time There'll Come A Day was written by me and it was supposed to be a B side to another song we had recorded with BB&P.

I remember to this day how we recorded that rhythm track probably the first take and then the next day I wrote and recorded the violins.  Real violins--no synthesizers!

We did a French version as well but I cannot remember who we used as a singer for that version.»




Cette autre version française de There'll come a time..., rebaptisée Cours pas trop fort, cours pas trop loin est enregistrée par France Castel. La trame musicale est la même que celle utilisée par BB&P. Le résultat a pratiquement autant de soul. C'est une excellente découverte en ce qui me concerne, lancée avec la maison de disques de la pléiade.

Basic Black and Pearl lance ensuite deux autres 45 tours, dont Makin of love, presque aussi bonne que There'll come a time...


 ... ainsi qu'un 45 tours de Noël incluant la version la plus sexy de White Christmas enregistrée au Québec!





WAM records

Tous les disques de Basic Black and Pearl paraissent chez WAM records.

«BB&P was based in Montreal and were on my label WAM RECORDS distributed by Polydor at the time.

BB&P was more of a studio project featuring myself on keys, Bobby Cohen on guitar, Marty Simon on drums and David Nash on bass [ainsi que Sharon Lee Williams au chant].

All songs were recorded at Listen! Audio Productions in old Montreal and the engineer was Dixon Van Winkle who was my partner in WAM.

Dixon came to Montreal after living and working in New York for many years.  He worked with many big names like McCartney, Sinatra and a host of others.

WAM Records was a label like I said distributed by Polydor.  The three letters in WAM represented the owners.   W for Winkle, A for Aronson and M for our other partner, McLintok. »

Parmi les artistes qui enregistrent chez WAM records, plusieurs noms obscurs ressortent. Birds of a feather, Levi John, Ian Sebastien, Ross Holloway, Sonora, Michael Lehman, Marty Butler et... Carlyle Miller.

Carlyle Miller 








Après une courte enquête sur Carlyle Miller, j'ai vite réalisé que ses disques lancés sur WAM records étaient encore plus en demande que ceux de BB&P auprès des amateurs de soul/disco/funk. Certains de ses 45 tours se sont vendus pour des sommes astronomiques.

Les premières traces de Carlyle Miller que j'ai retrouvées se trouvent sur l'unique album du groupe progressif Contraction, ex-orchestre du génie Franck Dervieux. Puis Miller participe, de près ou de loin au Ville-Émard Blues Band.

Vers 1976-77, il lance au moins trois 45 tours chez WAM records. De véritables bijoux de sweet soul. Incroyable de penser que Montréal recelait d'autant de talent oublié dans la veine disco/funk/soul à cette époque.

Mais le plus incroyable reste à venir! Le génie de sweet/modern soul de Carlyle Miller est ensuite devenu chef d'orchestre pour l'émission québécoise favorite des amateurs de musique rétro 50's: Épopée Rock!

Encore mieux, Carlyle Miller a composé le non-moins fameux thème de la cultissime série télévisée Lance et compte!



Je jubile.

Diane Tell

Avec WAM records, Leon Aronson enregistre également le tout premier album de la chanteuse bien connue - et abitibienne d'origine - Diane Tell. Je savais que ses premiers enregistrements étaient groovy, flirtant avec le soul, le funk, le disco, le jazz, la bossa nova et la pop, mais j'ignorais que sa carrière prenait racine dans l'entourage de WAM records. 

Voici d'ailleurs une photo fort intéressante des bandes maîtresses du premier album de Diane Tell (tirée de sa page Facebook).

L'album de Diane Tell sera lancé sur l'étiquette des disques de la Pléiade, à l'instar du disque de France Castel contenant la version francophone de There'll come a time, there'll come a day.

Par la suite, la carrière de Leon Aronson n'a fait que prendre de l'importance. L'homme a multiplié les projets et les honneurs. Sa carrière est impressionnante. Fait cocasse, il a notamment composé les chansons thèmes des émissions Caillou et Les Intrépides!

Je remercie énormément M. Leon Aronson pour sa généreuse participation à cet article. C'est un privilège pour Vente de garage de pouvoir mettre en valeur la musique de génies oubliés de chez nous.

08/12/2013

L'album oublié de François Carel


Quand l'histoire du génie François Carel a été racontée l'an dernier par Vente de garage, Psyquébélique et Mondo PQ, je sentais que nos blogues et nos recherches culminaient. Mettre en lumière la vie et la carrière d'un tel personnage était essentiel et c'était presque un exploit de l'avoir retrouvé.

Depuis plusieurs années déjà, je tentais de rassembler tous les enregistrements, crédités ou non, sur lesquels Carel avait apparu. On parle ici de dizaines et de dizaines de disques.

Au moment de mettre en ligne le dossier sur François Carel, j'avais sincèrement l'impression d'avoir fait le tour de l'essentiel de sa carrière.

J'avais tort.

François Carel a lancé un album complet au cours des années 70. Un disque dont lui-même semble avoir oublié l'existence, puisqu'il ne nous en a pas glissé un mot lorsque nous l'avons interviewé.

Il nous a toutefois confirmé avoir fait du piano-bar sous le nom Jan-François. Il a également produit des disques sous ce nom.

Il le confirme également par courriel:

« Oui, en effet, c’est bien moi, il y a au moins plus de 40 ans de ça!!!
Je faisais fureur à l’époque chez Bourgetel. Un endroit les plus hot
de Montréal du temps (coin De la Montagne et de Maisonneuve).
J’y étais en spectacle pendant 3 ans. Avec piano a queue, monté sur
des blocs de bois de 6 po. afin que je puisse jouer des basses électroniques
au pied, plus de nombreux clavier synthétiseurs au dessus du piano,
puis a droite et même dans mon dos un gros système de son théâtral.
J’en avais pour 30 000 $ d’équipement. Le premier ‘’one show man’’
avec plein de claviers autour de moi. J’étais le premier à faire du
piano-bar de la sorte, ni plus ni moins, l’inventeur de l’époque!!!
 
En fait, je ne me souvenais plus d’avoir enregistré ce long-jeux.
Merci de ma le rappeler en souvenir.»


Voici donc l'album complet oublié de Jan Françoys (étrange graphie!) alias François Carel.
Un disque enregistré en concert, au cabaret Chez Bourgetel.
L'année n'est pas précisée sur le disque, mais on parle de la période 70-73.
C'est la petite étiquette Maisonneuve qui l'a édité.

On y retrouve plusieurs morceaux intéressants, dont deux qui sont de véritables perles rares pour les amateurs du son de Carel. Et le fait de pouvoir entendre François Carel live, en concert, permet de prouver à quel point ce pianiste était dans une classe à part.

Blues in F est sans contredit la grande trouvaille ici. Composée et interprétée dans la plus pure tradition du son jazzé de Carel, Blues in F résonne comme Montréal '67 ou sa face B, Ya ba da ba dou. Jazz, rythmn and blues, funk... mais Carel ajoute ici des sons de synthétiseurs forts intéressants qui, bien entendu, n'étaient pas du lot de ses chansons dans les années 60. Blues in F me rappelle également Studio B Funk de Donald Seward.



L'autre grosse pièce, c'est sa version de Oyé como va. Bien sincèrement, je ne suis pas un grand fan de Santana, ni de Oyé Como Va. Mais cette version «Carelisée», jazzée, psychédélisée, est franchement la meilleure que j'aie entendue. 



On n'a toujours pas fini de découvrir la musique québécoise. Et j'adore ça. J'adore le fait qu'on puisse encore, en 2013, découvrir des diamants bruts issus de notre patrimoine musical, tels que ceux-ci.

04/12/2013

Sol - La Rétrovision


Aujourd'hui, 5 décembre 2013, la Tour de Radio-Canada, ou la Maison Radio-Canada, a officiellement 40 ans.

L'édifice qui s'élève au 1400 Boul. René-Lévesque Est à Montréal a été inauguré le 5 décembre 1973.

Pour souligner l'occasion, Radio-Canada avait lancé un 45 tours promotionnel sur lequel se retrouvait un monologue du célèbre Sol, personnage de Marc Favreau, enregistré au studio 26 de ce qui était, à l'époque la toute nouvelle tour de Radio-Canada.

Le monologue avait toutefois été préparé pour célébrer les 20 ans de la télé de Radio-Canada. De là le titre: La Rétrovision. Il s'agissait du nom imagé que Sol donnait à la télévision. Son monologue raconte avec toute la candeur et, à la fois, toute la profondeur que Sol pouvait avoir, la genèse de la télévision, de la radio et du développement de Radio-Canada. Y'a de jolies perles là-dessus.

Pour avoir travaillé un peu plus de 8 ans dans la grande tour brune, et pour l'avoir explorée dans plusieurs de ses racoins les plus obscurs - et Dieu seul sait qu'il y en a - je crois que le 40e de cet endroit où médias, culture et musique se rencontrent sur une base quotidienne mérite d'être mentionné. La tour de Radio-Canada est un des symboles forts de l'implantation et de l'importance du média public dans notre société.

Je ne peux, également, m'empêcher d'avoir une pensée pour les jadis habitants du Faubourg à mélasse.

Voici donc l'intégralité du 45 tours de Sol lancé à l'occasion de l'inauguration de la tour de Radio-Canada, en version téléchargeable via soundcloud.






29/11/2013

Québec Soul #9 - Trevor Payne



Trevor Payne. Cet homme est probablement l'âme montréalaise de la musique noire. Fondateur et directeur de la renommée Montreal Jubilation Gospel Choir, il a également été un des principaux Soul Brothers du Québec au cours des années 60. La qualité de sa production discographique en tant que chanteur est puissante, quoique méconnue. Si un chanteur québécois s'est approché du son de Stax records dans les sixties, c'est bien lui.

Je vous résumais sa carrière récemment sur les ondes de Radio-Canada, à l'émission PM.

Ses classiques Le Funky et Tryin' Times (avec la Montreal Black Community Youth Choir) ont été un peu plus célébrés que le reste de son oeuvre. Mais voici plusieurs autres raisons de vouer un culte la carrière du Professor Payne. Toutes les chansons incluses ici sont téléchargeables en se rendant directement sur ma page soundcloud.

Ayant quitté la Barbade avec sa famille à l'âge de 10 ans, vers 1958, le jeune Trevor W. Payne s'acclimate rapidement à sa nouvelle demeure; Montréal. À peine adolescent, il fonde son premier groupe nommé The Four Pals.

Mais c'est sous le nom The Hounds que le groupe de Trevor Payne lance son tout premier 45 tours. L'année exacte de parution demeure difficile à déterminer. J'estime qu'il paraît probablement autour de 1962-63, puisque la "dance craze" tirait alors à sa fin et que le son twist/r&b relié à cette époque, et bien présent sur The Hip-Swing (à écouter plus bas) des Hounds, était encore en vogue à Montréal.

D'ailleurs, nul autre que Donald K. Donald, en entrevue, raconte avoir booké Trevor Payne & The Hounds dans différentes salles de danse dans le secteur de Rosemère. C'était donc l'époque.

L'unique 45 tours des Hounds est produit par Denis Pantis, futur plus important producteur de disques des années 60 au Québec. Il lance ce disque sur la mystérieuse étiquette Lark. Je ne connais aucun autre pressing sur cette obscure compagnie. À cette époque, Denis Pantis produisait plusieurs disques de musique r&b et twist au Québec via l'étiquette ABC. Pensons, par exemple, à l'album de Frank Motley & The Motley Crew.




The Hip-Swing est un excellent morceau de r&b/twist instrumental fort énergique laissant imaginer des concerts endiablés de The Hounds. On y remarque la présence d'un piano fougueux, fort probablement celui de M. Payne.




Sur l'autre face, The Hounds présentent une composition de Trevor Payne lui-même, I'm comin' home. Fort intéressant d'entendre cette chanson de doo wop upbeat qui ferait l'envie des collectionneurs du genre. C'est très bien composé. Et les arrangements vocaux, standards pour du doo wop, rappellent que les groupes doo wop étaient effectivement, des mini-ensembles vocaux descendant directement de la musique gospel. Sachant que Payne fera la boucle plusieurs années plus tard et reviendra aux arrangements vocaux à grand déploiement, on peut écouter I'm comin' home d'une autre oreille.

Fait peu connu, quelque part entre la parution du 45 tours de The Hounds et l'arrivée du premier 45 tours de Trevor Payne sous son propre nom, l'artiste publie une obscure chanson sur une compilation de Denis Pantis, sur étiquette ABC.




Mad Dreams est un morceau digne des Cramps ou des compilations Lux and Ivy's favorites. Les sonorités sont glauques, les sax crieurs et la jungle étouffante. Ce morceau figurait sur la Compilation Vente de garage Vol 2: Instrus bizzaroïdes et obscurs cha-cha, il y a déjà plusieurs années.

Mad Dreams a été rééditée, probablement en 1967, sur une compilation de succès du jour, sans que Trevor Payne ne soit crédité.


En 1966, toujours sous la houlette de Denis Pantis, cette sur son étiquette Télédisc (Les Sultans, Claire Lepage et combien d'autres...), Trevor Payne lance son 45 tours le plus convoité aujourd'hui. Il y est accompagné par The Soul Brothers. Ce groupe d'accompagnement est formé de Jerry Mercer à la batterie, Pierre Senecal à la guitare et Rayburn Blake à la basse.




La face A du disque n'est pas la raison de la convoitise de ce disque, mais Tout ça pour ma chérie demeure une des meilleures chansons de soul au Québec, chantée en français de surcroît. D'ailleurs, la chanson est créditée à Trevor Payne, mais elle sonne drôlement familière à mon oreille... s'agirait-il d'une reprise déguisée? Help!




Les amateurs de pépites soul désireront plutôt faire tourner la face B de ce disque sur leur table tournante. Le Funky est un petit chef d'oeuvre, un coup de génie de soul/r&b instrumental juste assez moody et groovy, parent avec le son soul du sud de Booker T & The MG's. Cette composition de Trevor Payne met de l'avant son jeu d'orgue B3 toujours right on.

Quelque part entre 1967 et 1968,  toujours accompagné par The Soul Brothers, Trevor Payne lance un second 45 tours sous son propre nom, cette fois sur l'étiquette R&B de Tony Roman. Quoique différentes informations veulent que The Soul Brothers aient été son backing band sur cet enregistrement, le son d'orgue qu'on peut y entendre sonne étrangement comme celui de François Carel. Un autre King du r&b.




Tu ne sais pas comme je sais est une reprise francophone de You don't know like I know, ma chanson préférée de Sam and Dave. Ce duo de Stax records avait une énergie atomique lorsqu'il livrait ce morceau sur scène. La version québécoise est moins tonitruante, mais tout de même très groovy.




La face B est une autre reprise de Stax, celle de sa plus grande vedette, une reprise posthume fort probablement. Trevor Payne y va d'un enregistrement de son adaptation de Fa fa fa (sad song) du late great Otis Redding. Encore une fois, wow.


Au cours de cette période, Trevor Payne & The Soul Brothers semblent être au sommet de la scène soul montréalaise. Ils se produisent régulièrement au bar Snoopy's, à Montréal, endroit consacré aux musiques noires, au soul, au r&b.

Est-ce pendant ce temps-là que Trevor Payne fait la rencontre de "Little" Stevie Wonder? La photo semble plutôt dater du milieu des années 60, avouons-le.

Vers la même époque, le backing band de Trevor Payne part en solo. C'est sous le nom Le Triangle que les anciens Soul Brothers lancent un rarissime 45 tours de soul psychédélique avec pochette photo sur étiquette Gamma. Un énorme merci à Pascal Pilote pour ce disque.

D'ailleurs, c'est au cours de l'année 1968 que The Soul Brothers se rebaptisent Le Triangle. Deux publicités incluses dans cet article le démontre. La première, datant d'avril 1968, cite The Soul Brothers. La seconde, pouvant être vue en tête de cet article, date de décembre 1968 et présente Le Triangle.



La chanson Les Montagnes Russes du Triangle est excellente. Psychédélique, funky, fuzzée.

Deux miroirs 


Sur l'autre face, Deux miroirs, est moins intéressante, quoiqu'elle soit chantée en français, ce qui est fort intéressant considérant que l'année suivante, Le Triangle allait changer de nom pour devenir Mashmakhan. Sous ce vocable, le groupe allait connaître un succès international avec la chanson As the years go by.

Son groupe s'étant volatilisé dans les hautes sphères du rock psych et progressif, Trevor Payne a lancé ce qui allait être son dernier 45 tours en solo, sous son propre nom, en 1970.




En face A, on retrouve Evil eye, une très bonne chanson de soul funky.



En face B, Trevor Payne annonce ses couleurs: le Gospel s'apprête à revenir dans sa vie. Bring her back est une chanson de soul écorchée, d'une intensité qui n'est pas étrangère à un certain Otis Redding mentionné plus haut. On peut entendre là-dessus des arrangements vocaux qui se rapprochent fortement de l'esthétique de la chorale Gospel. Bien sûr, soul, r&b et gospel viennent tous de la même racine. Le mélange ici est parfait et poignant.

Trevor Payne s'illustre ensuite avec un groupe nommé Kanda Kanda - dont il semble qu'aucun enregistrement n'ait subsisté. Kanda Kanda ouvre pour Jefferson Airplane, The Doors et Van Morrisson. J'aimerais bien en savoir plus sur ce projet musical de Payne.

Semblerait-il qu'au cours de la période de Kanda Kanda, Trevor Payne termine des études supérieures en musique, orchestration et direction, à l'Université McGill de Montréal. Il devient ensuite professeur de musique au John Abbot College, à partir de 1974.  On référera de plus en plus au personnage en le nommant Professor Trevor Payne.

En 1974, avec l'aide de Daisy Peterson Sweeney, soeur du légendaire pianiste jazz Oscar Peterson, Trevor Payne la Montreal Black Community Youth Choir entre les murs de la Union United Church, une des plus anciennes église liée à la communauté afro-montréalaise.

Ce premier ensemble vocal dirigé par Trevor Payne et comptant près de 50 voix semble plutôt voué à aider les jeunes, à leur donner un projet, une vocation. La chorale interprète de grands classiques du gospel, mais également quelques compositions de Payne.

Merci au blogue Les rythmes étranges pour la pochette!

Tryin' Times


En 1977, Radio-Canada capte une performance de la Montreal Black Community Youth Choir et la grave sur un vinyle de la série RCI. On y retrouve l'excellent morceau Tryin' Times, qui se retrouvera, des années plus tard, sur la fortement recommandable compilation Ready or Not: Deep jazz grooves from the CBC Radio-Canada Archives Vol. 2. Cette pièce oscille étrangement entre jazz spirituel et gospel. Tout le génie de Trevor Payne en émane.

En 1982, l'ensemble vocal de dirigé par Trevor Payne se transforme en Montreal Jubilation Gospel Choir. La chorale lance plusieurs albums pour le compte de l'étiquette jazz montréalaise Justin Time. L'ensemble chante pour Nelson Mandela, lors de son passage au Canada quelque part vers 1989-1990, puis pour la Reine d'Angleterre. Mentionnons que la Montreal Jubilation Gospel Choir a également accompagné sur scène Ray Charles et Céline Dion.

Trevor Payne n'est plus professeur depuis 2006. Mais il il dirige toujours, en 2013, la Montral Jubilation Gospel Choir. L'ensemble donne son concert de Noël annuel le 1er décembre 2013, à la Place-des-arts de Montréal. Si l'âme de la vraie musique noire existe au Québec, c'est Trevor Payne qui la garde en vie, complétant une boucle évolutive des plus impressionnante passant de ses racines gospel, au doo wop, au r&b, au soul, au funk et de retour au gospel.

M. Payne a décliné de m'accorder une entrevue deux fois, pour Le Musée du rock'n'roll du Québec et pour Radio-Canada. Les informations contenues ici ont donc été glanées ici et là. Mais si M. Payne était intéressé par une entrevue afin de préciser certains détails de sa carrière, je serais honoré de discuter avec lui. Il suffit de me contacter.
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Trevor Payne is Montreal's soul of all black music. He is the leader and director of the Montreal Jubilation Gospel Choir but he also was a true soul man in the sixties. Here is his complete pre-Gospel discography.

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